Big_Sur_Kerouac
Ô Jack, moi aussi, je fus seul
sur cette route quotidienne

croisant des jours de pluie & des mirages féminins
aux ailes brisées

Mais c'est ta voix toujours
qui talonnait mes pas - où que j'aille - ton souffle pareil au bruit d'une cascade
vertigineuse
qui cognait mes flancs jusqu'au chemin de Big Sur

Si j'empoignais le feu de ta folie pour dynamiter le jour qui roule
au bas de la colline

si même je contrais la course de ton sang pour la rabattre de mes deux poings
contre mes tempes vides

J'aurais peut-être à vivre

la fraîcheur de l'oiseau
la brûlure de l'enfer

l'innocence absolue et la tristesse sans fond
d'un homme qui s'efforça de jouer toute sa vie

avec les revolvers
étincelants
de l'enfance

pulvérisant derrière lui des astres purs
de sueur et de sang

Ce soleil de mitraille qui aujourd'hui encore
nous contamine

- comme une déflagration insidieuse
entre un brouillard qui s'étire et la lente apparition de la lune et des étoiles -

et qui palpite là, crânement, juste au-dessus de nos têtes.

                                                              FXF - 18/03/2008.

 


Interview franco-québecoise de Jack Kerouac :