Livres-radeaux : à emporter sur l'île...Corniere

12) Ces moments-là : poèmes 1980-2010, François de Cornière, Le Castor Astral, 2010, 14 €.

La matinée s'est bien passée. (...)

Il y avait du soleil
une fois le rideau tiré
et quand tu as ouvert la fenêtre
j'ai pris le poème comme il venait :

ce léger courant d'air sur ta peau
a fait passer un souffle
que j'ai très bien senti.

              (Extrait de Ce léger courant d'air p.71)

Considéré comme le chef de file du courant dit de " la poésie du quotidien ", François de Cornière a cessé de publier à la fin des années 90. Ce recueil reprend l'essentiel des poèmes de l'auteur et comporte quelques inédits. En littérature, on parlait de la petite musique de Patrick Modiano pour évoquer la grâce de cette écriture, on pourrait dire de même de la poésie et surtout de l'univers si particulier de François de Cornière qui s'attache aux petits riens de l'existence, qui en sont en même temps les pépites. Ses poèmes - que les titres résument bien : L'émotion des autres, Les clémentines de la nuit, On n'aura plus le soleil, Ce léger courant d'air, L'océan du monde... - ne tarderont pas à cheminer en vous, comme autant de cartes postales sensibles au ton juste, clair et toujours émouvant. Malgré le temps qui file, leur troublante sincérité, leur force demeurent.
François de Cornière a été couronné de plusieurs prix de poésie : RTL-Poésie 1 en 1984 pour Tout doit disparaître, Georges Limbour et Apolinaire en 1992 pour Tout cela et se vit même décerner un rétro-viseur d'or par la revue régionale de poésie nordiste du même nom.

François de Cornière - son " Poète d'aujourd'hui " essentiel :
François de Cornière, Textes réunis et présentés par Michel Baglin avec les participations de Norge, Lesieur, Delbourg, Mounin, J-C Martin, Guillevic, Bérimont, Chedid, Rousselot, Tixier, Autin-Grenier, Merlen, Dagadès et Dubost, Coll. Poésie/Portrait n°1, 1984, toujours disponible chez L'Atelier du Gué (11300 Villelongue d'Aude), 10 €.

En savoir plus sur François de Cornière : ICI une chouette chronique du même Michel Baglin
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