Décharge n°162 (2014)Dans la 162e livraison de la revue Décharge que je n'ai pu m'empêcher de lire obstinément, en pleine rue, casque de VTT sur la tête, avant de remonter chez moi, je ne suis pas mécontent de trouver dans la rubrique « Critique » de Jacmo les noms des poètes suivants : Marlène Tissot, Frédéric Houdaer, Thierry Roquet, Thomas Vinau, Amandine Marembert et Laurent Albarracin.

À propos des quatre premiers, je ne vais, cette fois-ci, pas m'étendre et vous renvoyer aux précédentes notes et articles que j'ai rédigés sur ce blog.


Quant à Amandine Marembert,
je lui avais consacrée une note de lecture suite à son  recueil Mon coeur coupé au sécateur (Prix des Trouvères des Lycéens, 2009) dans la bibliographie Pluri... Elles de la Médiathèque départementale du Nord en 2010. J'y écrivais :

« Depuis 2000, Amandine Marembert a surgi, voix nouvelle de la planète « poésie », rafraîchissante et fruitée, transfigurant son quotidien minimaliste de métaphores colorées, sensuelles, mangées par l’émotion. Paysagiste du cœur, pépiniériste de nos tracas ordinaires, son écriture rappelle celle de Valérie Rouzeau.
Née en 1977, Amandine Marembert n’en est pas à son coup d’essai : elle a publié d’autres petits recueils remarqués : L’ombre des arbres diminue à certaines heures du jour (Wigwam, 2008) ou Toboggans des maisons (l’Idée bleue/Cadex, 2009). Elle dirige aussi, à Montluçon, une revue de poésie de belle tenue, Contre-Allées, avec Romain Fustier. Pour convoquer nos souvenirs champêtres, il faudra désormais compter avec la petite musique d’Amandine Marembert. »

Et s'ilDepuis, Amandine Marembert a écrit d'autres petits livres, ténus et forts, à l'écriture retenue comme : Et s'il ne parlait pas ? (Les Arêtes, 2013) et Les gestes du linge (Esperluète, 2013) à découvrir également.

Laurent Albaraccin, lui, est un poète mi-surréaliste, mi-oulipien, qui pratique volontiers une poésie de l'objet, en s'amusant. Il y a quelque chose de Ponge chez ce dernier. Après l'étrange Verre de l'eau et autres poèmes paru au corridor bleu en 2008, il a récidivé en 2012 avec Le secret, le secret chez Flammarion. Il est d'ailleurs tellement productif que j'avoue d'ailleurs avoir du mal à le suivre.
Laurent Albarracin a aussi rédigé deux excellentes monographies sur deux poètes qu'il a en quelque sorte remis à leur vraie place dans le paysage de la poésie contemporaine : Louis-François Delisse (2009) et Pierre Peuchmaurd (2011) aux éditions des Vanneaux dans la collection « Présence de la poésie ».
Laurent Albarracin dirige enfin les micro-éditions du Cadran Ligné qui édite la collection  - « Un seul poème » - tirage à 150 exemplaires sur papier vergé d'un auteur et, à  ce jour, il a publié près de 66 plaquettes.


Des filles, encore des filles !

Laura Vazquez selfie (2014)La selfiegénique, Laura Vazquez, entre également dans la place. Son écriture semble de plus en plus s'orienter vers une poésie « du dire », organique, entêtante ; une poésie-performance en tout cas, à l'instar d'un Julien Blaine ou d'un Charles Pennequin.
Elle vient juste de publier un long poème,
« à chaque fois », aux épatantes petites éditions, Derrière la salle de bains, de Marie-Laure Dagoit.

Edith Azam
vient, elle, de passer à la vitesse supérieure en publiant un nouveau livre chez P.O.L. : On sait l'autre (2014) déjà remarqué dans Le Monde des Livres, après plusieurs autres réussites dont : Décembre m'a ciguë (P.O.L. 2013), Mercure (Al Dante, 2011) et surtout Vous l'appellerez : Rivière (La Dragonne, 2013).

Nathalie Quintane, enfin - dont je n'ai jamais hélas évoqué le parcours sans faille - continue de me réjouir.
Depuis son recueil, Chaussure, paru chez P.O.L. en 1997, elle ne cesse, en effet, de se renouveler, de recueils en essais autobiographiques, avec cette écriture expérimentale à l'humour pointu. Allez donc vous aventurer du côté de son Crâne chaud (P.O.L. 2013), vous m'en direz des nouvelles !

© François-Xavier Farine, le 30 juin 2014.