Anthologie (1979)
écrivait François Bott sur la 4
e de couverture de la première anthologie des poèmes d'André Laude, comme
une blessure rapprochée du soleil, publiée en 1979 aux éditions la pensée sauvage.


On y trouvait des poèmes bouleversants, visionnaires, d'André Laude (1936-1995) qui retentissent avec beaucoup plus de force aujourd'hui encore :


Mon dieu
donnez-nous notre pain quotidien
mais donnez-nous aussi
tout ce qu'ils nomment inutile :
le jaune de Van Gogh
le Mystère de Vermeer de Delft
la chanson de Petrarque et Laure
la course du lièvre effrayé à minuit devant les phares
                                                           de l'auto
le sourire de la touriste juive polonaise à Liverpool
le quatuor des cigales au pied de Montségur
la figure délivrée par le crachat sur un vieux piano
la plainte d'amour de la neige
la vision du couple nu au centre exact de la clairière
en Forêt noire
le cerceau de la petite fille dans une
                              ruelle de Barcelone
le soleil des poitrines nues de femmes et d'hommes
dont la marche commune abrège la nuit.

Extrait de Libre dans le désert, p.207 in André Laude, comme une blessure rapprochée du soleil, coll. la peau des mots, 1979.


En 2008, j'avais écrit pour la revue Lieux d'Être cette chronique, suite à la parution des « Oeuvres Complètes » d'André Laude aux éditions de la Différence, reprise sur ce blog.