La Médiathèque intercommunale Maurie Pic de Montélimar a décidé de rendre un hommage au poète Alain Borne, pour le centenaire de sa naissance, avec une programmation éclectique, tout au long de l'année, de mars à octobre 2015.
Alain Borne avait été avocat à Montélimar, avant de disparaître, prématurément, dans un accident de voiture.
Alain Borne fut un grand amoureux et sa poésie porte le sceau de ce perpétuel incendie où la pulsion de vie « solaire » s’oppose toujours, chez lui, à l'inextinguible obsession de la mort.

alain borne-voix dencre-2015Au début des années 90, Alain Blanc, avec ses éditions Voix d’encre, maintenait vive la mémoire de ce poète grâce, notamment, à la publication de deux formidables recueils de poèmes inédits aujourd'hui épuisés : Seul avec la beauté (1992) et L'amour la vie la mort (1994). Il continue aujourd'hui avec la publication d'un double ouvrage critique Présence d'Alain Borne suivi de Alain Borne ou la passion lucide mêlant son regard sur l'oeuvre d'Alain Borne à celui du poète Max Alhau.

Il ne faut pas oublier non plus les contributions de la revue Poésie 1 de Jean Breton et Jean Orizet qui, dès la fin des années 60, consacrèrent plusieurs numéros et dossiers à Alain Borne ; ni Guy Chambelland qui édita aussi deux recueils inédits du poète aux éditions du Pont de l’Épée : Vive la Mort (1969) et Le Plus Doux Poignard (1971).

Les éditions Curandera et l'amitié du poète-éditeur Paul Vincensini

Pendant longtemps, les éditions Curandera publièrent la seule anthologie aux deux tomes noir et blanc (1980 et 1981) consacrée au poète. Elle est aujourd’hui fort recherchée !
Cette anthologie contient, en postface, le témoignage bouleversant du poète Paul Vincensini (1930-1985) devant le catafalque d'Alain Borne.
Paul Vincensini publia les derniers recueils du vivant d’Alain Borne aux microéditions du Club du Poème ; il avait bien connu le poète durant les dernières années de sa vie.

Quand Jean L'Anselme évoquait Lucien Becker et Alain Borne...

En octobre 2002, dans un échange épistolaire avec le poète Jean L’Anselme, je lui confiais mon admiration pour la poésie d’Alain Borne, « grand oublié » de la poésie du XXe siècle, et pour celle d’un autre poète tout aussi majeur, selon moi : Lucien Becker (1911-1984).
Voici ce qu'il me répondit :


« J’ai un tout petit peu approché Lucien Becker. C'était un grand solitaire, seul ses copains poètes et flics (Paul Chaulot et Jean Rousselot, Commissaires comme lui) en avaient le contact. On dit que, s’ennuyant ferme dans son commissariat de la Gare Montparnasse, il prenait sa voiture et avalait des kilomètres ! Un grand amoureux comme Eluard. »

En revanche, je n'ai pas connu Alain Borne, mort trop tôt et éloigné de Paris, ce qui, à l'époque, avait beaucoup d'importance. » (...)


Alain Borne mérite d'autant plus ce bel hommage commémoratif, même tardif... qu'il fût énormément apprécié par ses pairs : Pierre Seghers, « l'éditeur de tous les poètes », qui fut aussi l'un de ses premiers éditeurs, Georges Hugnet, Louis Aragon et par quelques autres
« passants considérables » comme André de Richaud qui auraient pu dire, à l'attention d'Alain Borne, ces mêmes mots que René Char écrivit, après avoir découvert les poèmes de Lucien Becker (qu'Alain Borne admirait d'ailleurs beaucoup aussi lui-même) :

« Vos poèmes sont de bons compagnons, Ils ont le regard sûr, la parole mesurée et leurs mots se mettent, le soir venu, au lit, avec nous. »

© François-Xavier Farine, le 6 mars 2015.

Le programme annuel des manifestations du « Centenaire de la naissance du poète Alain Borne (1915-1962) » : il n'est jamais trop tard pour se rendre à Montélimar !