Le sentier qui serpente, Biga, éd.Tarabuste, 2015.

à Daniel Biga

J'ai coupé percé vissé des planches
fiché 40 équerres dans les murs
poncé les mêmes planches
les ai vernies
revernies
comme Guillevic
qui faisait pareil avec les mots
d'un poème
où il comparaît son travail
à celui d'un habile menuisier
Pendant tout ce temps
je n'ai pas écrit de poèmes
non plus
ou alors j'en ai manqué
beaucoup
et depuis que mon fils braille
à l'étage
j'ai aussi peur
de manquer celui-là
mais je me suis fait
une raison
à force
la raison du poème
est toujours la plus forte.


© François-Xavier Farine - le 20 juin 2015.