Après trois cafésOn visse dans le sens des aiguilles d'une montre
au boulot
je ne suis
toujours pas réveillé
bien qu'un réparateur de radiateurs
fasse vrombir son aspirateur
dans mon bureau
ponctuant ses réparations périlleuses
d’invariables « putains d’sa mère ! »
qui résonnent
bientôt aussi de l’autre côté du couloir
je n’ai même pas
encore ouvert
mes stores
sur le ciel bleu
du dehors
le crâne en compote
les yeux gonflés de fatigue
(Hier soir j’ai couru comme un forcené
surpris par la nuit qui
est tombée précipitamment)
mais ce matin
je suis en lambeaux
sur les réseaux sociaux
j’ai lu un texte
de Frédérick Houdaer
(qui m'a foutu une sacrée claque !)
je ne sais pas si on ressent
dans mon poème
la vie qui palpite encore sous
la peau
comme les feuilles des arbres qui frémissent
au dehors
ah merde, faut remettre les têtes !

la tête et le corps, c’est différent !

faut savoir de quoi, tu m’parles !

les deux plombiers finissent par
s’engueuler
les clics clics intempestifs
de leurs clés à molette
et leurs têtes qui tombent difficilement
de l’autre côté du couloir
ont bientôt raison de ce poème
sans queue, ni tête
ni chute non plus
la pince, tu peux la ranger !

c’est obligé !

c’est pas du tout le même travail !!!

Une collègue passe
leur dit bonjour
avec sa robe à fleurs
et ses deux petits seins splendides
ils ne prennent même pas le soin de les saluer !

© François-Xavier Farine - 17/09/2016.