POEBZINE : poésie contemporaine et poètes d'aujourd'hui...

01 novembre 2016

Amérique des écrivains en liberté

Livres-radeaux à emporter sur l'île...

Amérique des écrivains en liberté87) Amérique des écrivains en liberté, Alexandre Thiltges, photographies Jean-Luc Bertini
Albin Michel, coll. Beaux livres, 2016, 35 €.

Une trentaine de portraits de grands écrivains de l'Ouest américain, Sherman Alexie, Jim Harrison, Richard Ford, Dan Fante, Donald Ray Pollock, Chris Offut, Rick Bass, James Crumley, Laura Kasischke ou encore Charles d'Ambrosio, etc. réalisés sur cinq ans durant un parcours de 40 000 kilomètres. Ils évoquent leurs racines et leurs origines, leurs influences littéraires, leurs rituels d'écrivains, leur vision des États-Unis...

Fabulous one !

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25 octobre 2016

Une lettre inédite de Claude Roy (1915-1997) à Bernard Mazo (1939-2012)

 

Claude Roy, poète et fabuleux préfacier de plusieurs poésie/gallimard
                 Welcombe Hotel
                 Warwick Road

                 Stratford-upon-Avon
                 Telephone 3611  Telex 31347


                  Le 6 sept. 70




                       Cher Monsieur,

    Malgré le « secret professionnel » du « Conseil des Dix* », je ne résiste
pas au plaisir de vous dire celui que j’ai eu à lire le manuscrit
de La Mort habite à NY. C’est un des livres les plus justes (et
les plus tristes) que j’ai lu sur le Grand Vide Américain.
Vous avez su restituer le silence des petites villes à campus », et
la solitude blême du village comme peu d’écrivains français.

    À vous

                      Claude Roy

P.S : Une seule « critique ». À la seconde ligne
« le lourd parfum » me gêne. Vos adjectifs sont
rarement attendus. Mais après le coup d’archet
aigu de la première phrase, cette épithète là est
un peu convenue, ne croyez-vous pas ?


*
Claude Roy faisait partie du comité de lecture des éditions Gallimard.

[Mention légale © collection privée François-Xavier Farine.]

En savoir plus sur :
Claude Roy
Hommage à Bernard Mazo dans sur le site Recours au poème par le poète Max Alhau.

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21 octobre 2016

€€€

Chef de service

Aucune voiture n'a été maltraitée durant le poèmeIl était venu au dehors
avec moi
fumer sa clope
en fin de journée
sur le trottoir

devant le bâtiment ensoleillé
tout ce qui l'intéressait
c'était la rayure sur la carrosserie
de la voiture
de service
et voir si son prédécesseur
l'avait laissée
dans un état suffisamment convenable
pour son usage
personnel.

© François-Xavier Farine - le 21 octobre 2016.

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18 octobre 2016

Patrice Delbourg né en 1949

« La chanson reste à l’ordre du jour. » a écrit Patrice Delbourg. « La poésie est à l’ordre de la nuit » lui avait soufflé Georges Perros à la page 89 de ses Papiers collés III, Gallimard, 1978.

Patrice Delbourg au Marché de la Poésie, juin 2016.

Vu sur le site de David Genzel, rive gauche
© Photo Louis Monier.

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29 septembre 2016

Jules Renard (1864-1910)

« Le cheval est le seul animal dans lequel on puisse planter des clous. »

Jules Renard, sacré type !

 

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20 septembre 2016

Jean-Yves Plamont et Eric Dejager en lecture dans le Nord

les 14, 15 et 16 octobre 2016.

« Viendez ! », c'est pas si loin !

Plamont-Dejaeger

 

 

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19 septembre 2016

Bientôt dans le Nord !

 

Bientôt dans le Nord !

 

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17 septembre 2016

Scène d'un matin ordinaire

Après trois cafésOn visse dans le sens des aiguilles d'une montre
au boulot
je ne suis
toujours pas réveillé
bien qu'un réparateur de radiateurs
fasse vrombir son aspirateur
dans mon bureau
ponctuant ses réparations périlleuses
d’invariables « putains d’sa mère ! »
qui résonnent
bientôt aussi de l’autre côté du couloir
je n’ai même pas
encore ouvert
mes stores
sur le ciel bleu
du dehors
le crâne en compote
les yeux gonflés de fatigue
(Hier soir j’ai couru comme un forcené
surpris par la nuit qui
est tombée précipitamment)
mais ce matin
je suis en lambeaux
sur les réseaux sociaux
j’ai lu un texte
de Frédérick Houdaer
(qui m'a foutu une sacrée claque !)
je ne sais pas si on ressent
dans mon poème
la vie qui palpite encore sous
la peau
comme les feuilles des arbres qui frémissent
au dehors
ah merde, faut remettre les têtes !

la tête et le corps, c’est différent !

faut savoir de quoi, tu m’parles !

les deux plombiers finissent par
s’engueuler
les clics clics intempestifs
de leurs clés à molette
et leurs têtes qui tombent difficilement
de l’autre côté du couloir
ont bientôt raison de ce poème
sans queue, ni tête
ni chute non plus
la pince, tu peux la ranger !

c’est obligé !

c’est pas du tout le même travail !!!

Une collègue passe
leur dit bonjour
avec sa robe à fleurs
et ses deux petits seins splendides
ils ne prennent même pas le soin de les saluer !

© François-Xavier Farine - 17/09/2016.

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10 septembre 2016

Lettre à un jeune poète d'aujourd'huître (qui sort de l'œuf !)

par François-Xavier Farine

Je reçois régulièrement des mails de jeunes poètes (et de moins jeunes) qui souhaiteraient que je donne un avis sur leurs textes. Je ne leur réponds jamais, faute de temps.
Mais, par ce message, je le fais indirectement en espérant répondre à chacun d'entre eux.


Comme vous, j'ai été jeune poète et comme vous j'ai cherché à publier et à savoir aussi comment fonctionnait l'édition poétique, mais les quatre conseils que j'ai retenus de ce long cheminement sont les suivants :

- Il faut dans un premier temps accumuler les textes sans souci du lendemain et ne garder que le meilleur pour plus tard.

- Il faut tâcher de trouver du soutien autour de ceux qui vous aiment.Pierre Seghers 1906-1987

- Il faut publier en revues (ou sur un blog, ajouterais-je, aujourd'hui) pour avoir une « visibilité littéraire », en tout cas, être remarqué en tant qu'auteur.

- Il faut « songer que, si vous avez la chance d'être publié, vous vous relirez dans 20 ans. » J'ai emprunté cette dernière recommandation à Pierre Seghers qui fut, de 1945 au milieu des années 80, le principal éditeur des poètes.

Si vous collectionnez les lettres de refus des éditeurs, posez-vous les bonnes questions...

Peut-être que vous avez du talent mais que l'écrivain que vous croyez être n'est encore qu'à l'état de chrysalide ou d'embryon ? Et qu'il vous faut donc encore travailler, persévérer, mûrir davantage. Votre patte d'écrivain, votre voix de poète n'est peut-être tout simplement pas assez personnelle ? affirmée ? Peut-être, ne se détache-t-elle pas assez, en effet, d'influences notoires, des modèles de grands poètes d'hier ou d'aujourd'hui qu'on devine, hélas, derrière vos propres créations ?

Peut-être, enfin, que vous écrivez bien comme un poète du passé mais comme, hélas, il ne faut plus du tout écrire au XXIe siècle ? (...)

Peut-être que vous avez envoyé vos textes à l'aveuglette à un paquet d'éditeurs qui ne sont pas du tout sensibles à votre type d'écriture ? Pour faire simple, un éditeur tel qu'Al Dante ne publiera certainement pas un poète publié par les éditions Bruno Doucey pas plus que le Pédalo ivre ne publierait, à mon avis, un poète paru chez Cheyne éditeur.

Peut-être que, dès le début de vos envois, vous vous êtes trompé de cible en ne frappant déjà pas aux bonnes portes des maisons d'éditions spécialisées et que, crime de lèse-majesté, pour la plupart des éditeurs de poésie contemporaine, vous méconnaissez leur catalogue, leur « ligne éditoriale », les poètes publiés par ces derniers, et que, affront suprême, vous n'achetez même pas leurs livres ! Là, vous êtes franchement mal barré !

Enfin, beaucoup d'aspirants poètes - comme vous - méconnaissent ou ignorent totalement la réalité économique de l'édition poétique qui oblige les éditeurs (pour tenter d'être rentables ou pas trop déficitaires) à publier a minima, c.a.d. moins de 10 ouvrages par an, tout en recevant invariablement, chaque semaine, une flopée de bons et de mauvais manuscrits. Je n'insiste même pas sur le fait que certains éditeurs de poésie exercent déjà un autre métier (pour vivre) avant d'être de véritables éditeurs désintéressés, passionnés, militants, « overbookés ».

Attention, je ne dis pas non plus que tous les éditeurs ont du nez, mais je pense sincèrement qu'un jour ou l'autre, un bon poète aura sa chance chez l'un ou l'autre de ces éditeurs.

En 2004, je me souviens avoir interrogé le poète Gérard Farasse, dans une librairie lilloise, au sujet de la réception de son premier recueil par les éditeurs. Il m'avait répondu, en souriant, avoir envoyé son manuscrit chez trente-deux éditeurs... Obtenu deux ou trois réponses positives, un refus et, pour le reste, aucune réponse.

De l'autre côté du miroir aux poètes...

Cependant, si les poètes se tenaient ou s'imaginaient un tant soi peu, de l'autre côté du miroir - soit à la place des éditeurs ultra sollicités - ne seraient-ils pas non plus - comme ces derniers - obligés voire contraints parfois de répondre en cas de refus aux candidats à la publication avec des lettres types ou de ne pas répondre du tout, justement, à des auteurs qu'ils jugeraient non aboutis d'une point de vue littéraire ? Car, toute façon, on sait très bien, de par les nombreux témoignages d'éditeurs, que les auteurs, blessés dans leur ego ou dans leur amour propre, acceptent ou comprennent rarement une fin de non-recevoir pour leurs manuscrits.

Pour l'anecdote, je rappelle enfin, qu'en matière d'édition, les poètes ne sont pas moins à plaindre que les romanciers. En voici quelques exemples :

Philippe Djian

Romain Gary s'est vu refuser ses deux-trois premiers romans ; Jean-Paul Sartre a dû couper un quart de La Nausée (et le titre lui a été imposé par l'éditeur) ; Didier Daeninckx a failli ne jamais être édité car trois de ses romans figuraient sur une planche de refus dans l'armoire d'un directeur de collection qui a été remplacé par un autre qui le publia, ensuite, 5 ans après ; Philippe Djian (ex-agent de péage autoroutier) s'est vu refuser son premier manuscrit chez Gallimard car Michel Tournier, lui-même, avait jugé et martelé lors du comité de lecture des éditions du même nom que : « Ce n'était pas de la littérature ! »

 À partir de ces quelques réflexions personnelles, je pense qu'à l'avenir, tout jeune poète qui les appliquerait économiserait, au quotidien, du temps et de l'énergie.

Enfin, en tant que poète quarantenaire, j'ai encore envie d'ajouter, à l'attention des jeunes poètes impatients, tempétueux, emportés par la fougue de leur jeunesse, qu'il ne faut pas non plus se précipiter et que les choses, surtout, si elles doivent se faire, arriveront en leur temps.

                                                                                          Le 10 septembre 2016.

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05 septembre 2016

Laurent Bouisset, poète et passeur des poètes latino-américains

Laurent Bouisset sur le lac Atitlan au Guatemala
La première fois que j'ai entendu parler de Laurent Bouisset, c'était en décembre 2015 dans les pages de la revue
Décharge n°168 mais je ne lui avais pas alors prêté suffisamment d'attention.
En juillet 2016, cet auteur m'a vraiment tapé dans l’œil avec un texte paru dans la revue
Realpoetik dans lequel celui-ci dézinguait avec maestria le Centre International de la Poésie de Marseille (CIPM). Je me suis ensuite rué sur son blog fuego del fuego. J'y ai découvert que l'auteur nourrissait aussi une passion dévorante pour la poésie et la littérature sud-américaines et, plus particulièrement, pour « ce qui restait inconnu » dans la poésie guatémaltèque.
Conquis à mon tour par la qualité des poètes traduits sur son blog, je me suis empressé de lui demander un dossier sur les poètes guatémaltèques qu'il considèrerait comme « ses grands incontournables ».

Cela a donné l'excellent dossier que vous allez lire...

Dans un de ses mails, Laurent Bouisset m'explicitait aussi sa démarche de traducteur-passeur et j'ai trouvé intéressant de vous la faire partager :
« J'essaie de bâtir une sorte de pont de singe entre les mondes poétiques. Je fais un peu de l'accrobranche, tu vois... et quand ça marche, c'est quand même plutôt bon signe pour les poètes guatémaltèques, pour moi, pour tout le monde, pour la poésie surtout : cette Grande Dame qui a besoin d'oxygène et d'un grand coup de tequila, par ici, en France ! » Il me précisait par ailleurs que « deux des trois poètes présentés dans le dossier n'avaient jamais été traduits du tout en français. »

Pour ma part, je suis heureux qu'un grand vent de poésie étrangère, venu d'Amérique latine, vienne souffler sur mon blog avec trois de ses plus formidables représentants et je remercie chaleureusement
encore l'auteur de ce dossier.

François-Xavier Farine, le 2 septembre 2016.

Lire le dossier de Laurent Bouisset.

La bio-bibliographie de Laurent Bouisset sur le site des éditions Le Citron Gare

Première publication :

Dévore l'attente, Laurent Bouisset, images d'Anabel Serna Montoya, Le Citron Gare, 2016, 9 €
.

Dévore l'attente L Bouisset (2016)

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