Isabelle à m'en disloquer Christophe Esnault (2011)Livres-radeaux à emporter sur l'île...

42) Christophe Esnault,
Isabelle, à m'en disloquer, Les doigts dans la prose, coll. Fusibles, 2011, 11 €.

J'étais passé à côté de ce livre publié aux éditions Les doigts dans la prose en 2011 : Isabelle, à m'en disloquer de Christophe Esnault. Un hymne hallucinatoire, charnel et torride d’un « amant disloqué » à une femme « muse odyssée » ; un maelström de poèmes et de textes obsessionnels célébrant l'Amour total !
Cette fois, je n'ai pas envie d'en écrire des tonnes… mais je songe à Artaud, à Gainsbourg saupoudré d'un zest de Joyce Mansour ou de Georges Bataille, ou encore au poème L'Union libre d'André Breton...

En mélangeant le tout dans un mixeur, on obtiendrait la sauvage mixtion de ce livre qui ressemble néanmoins à aucun autre.
Une passion dévorante le parcourt et nous emporte dans le vertige orgasmique de la langue et de cette histoire à deux voix, puisque « l'amoureuse », Isabelle, dont il est question dans ce livre - je ne sais pas, d'ailleurs, si c'est un subterfuge de l'écrivain ou non ? - intervient textuellement à quatre reprises dans ce même recueil.

Il faut aussi saluer le formidable travail de mise en page des éditions Les doigts dans la prose qui contribue à magnifier la puissance érotique et passionnelle du texte de Christophe Esnault.

Christophe Esnault est un poète absolutiste qui n'économise pas ses entrailles…. Ça donne ce recueil original et unique, inclassable malgré tout, à lire et à relire en tous sens ; comme si on était soi-même chahuté dans la centrifugeuse d'un amour qui vous emmène au-delà de sa propre charge radioactive pour rebondir, beaucoup plus loin, beaucoup plus haut, dans un non-lieu stratosphérique, inaccessible, où il survit…

© François-Xavier Farine, le 9 avril 2014.