comme je l'écrivis en 2009 dans un article paru sur le site Poezibao de Florence Trocmé - reste un poète sans cesse ignoré, puis sans cesse redécouvert, à chaque décennie, par quelques-uns.

Delisse Soleil Totat GLM(1960)Quand, en 2009, je m'étonnais que Louis-François Delisse ne figurait pas dans L'Histoire de la Poésie française  du XXe siècle en trois volumes de Robert Sabatier. le poète me répondit :
« Je suis en quelque sorte le seul poète blanc considéré comme un poète noir, de par mes écrits, à partir de mon recueil Soleil Total (1960). Et, pourtant, je ne figure pas non plus dans les anthologies de poésie africaine... » On comprend alors à quel point le poète est un grand oublié, un paria, un maudit ou, comme le titrait dernièrement le Parisien : « l'enfant terrible de la poésie ».

Pourtant, avant de partir en 1954
pour le Niger comme  « enseignant-coopérant » afin d'échapper notamment à la Guerre d'Algérie sur le conseil de l'éditeur des Cahiers du Rhône, Albert Béguin, Louis-François Delisse a déjà publié plusieurs recueils remarqués en France : Noctes pour la dent d'or en 1952 chez Debresse (l'éditeur de Cadou et Rousselot) et douze poèmes à danser, en 1953, dans la collection poétique de la revue d'André Marrissel.
Né en 1931, à Leers, près de Roubaix, dans le Nord, Louis-François Delisse n'a alors que 22 ans.
Ce même André Marrissel, visionnaire, écrivait en guise de préface à sa seconde plaquette :

« Louis-François Delisse : un jeune homme affamé. Un tout jeune homme, comme l'écrivait Rimbaud, dont la vie ne s'est point, mais voudrait s'être développée n'importe où. Sauf dans la société réelle, sauf dans la ville immobile, sauf dans sa peau. (...)
Louis-François Delisse ? Un poète au début comme au bout de sa nuit. Mais un poète s'il veut, (...) Peut-être, au moment du silence fertile, après danse et abandon, verrons-nous l'arc-en-ciel se métamorphoser en une brûlante et éclatante couleur ? » (...)

André Marissel avait déjà raison...

Selfie avec Louis-François Delisse (2012)


62 ans après, on honore la poésie de Louis-François Delisse sur France Culture


toute cette semaine, par le truchement du comédien Jacques Bonnaffé et de son excellente émission quotidienne, Jacques Bonnaffé lit la poésie.

On pourra (ENFIN !) entendre et prendre toute la mesure de cette poésie singulière et incandescente, célébrée, dès 1957, par René Char et remarquée aussi par Henri Michaux, qui lui envoya et dédicaça son recueil, Vents et Poussières, en 1961.

Signes - si on voulait encore en douter - que Louis-François Delisse était déjà un grand poète majeur de ce temps...

© François-Xavier Farine, le 18 novembre 2015

Louis-François Delisse : émission 1 du 16/11/2015
                                   
émission 2 du 17/11/2015
de 15h55 à 16h chaque jour.
                                    émission 3 du 18/11/2015
                                    émission 4 du 19/11/2015

                                    émission 5 du 20/11/2015