Sur mon blog, je reçois de plus en plus de messages ou de commentaires de lecteurs et de poètes eux-mêmes, m’informant de la sortie de leur dernier recueil ou de l’existence de leur blog de poésie.
Hélas, si j’essaye d’être à petite échelle un passeur de poètes, je m’appuie avant tout - pour ce travail de relais - sur les structures existantes (principaux éditeurs, revues spécialisées papier ou en ligne, blogs de poètes plébiscités par les uns les autres, bouche à oreille de la confrérie).
Ces structures sont beaucoup plus au faîte de l’actualité poétique, que moi-même, pour évoquer les poètes en devenir ou, tout au moins, ceux qui semblent dignes de retenir l’attention.
En revanche, outre que je ne veux pas me risquer à entretenir de fausses illusions, sachez que, de mes choix et de mes lectures personnelles, je dois écarter, faute de temps, les poètes autoédités. Je le fais pour une autre raison aussi : il me semble qu’on  peut difficilement vouloir, d’un côté, s’auto-publier (c’est-à-dire fonctionner en dehors du système et des réseaux de l’édition poétique qui ne sont pas les plus lucratifs !) puis, d’un autre côté, s’étonner que personne ne parle de son petit livre publié par ses propres soins.
Il ne m’est pas non plus possible de parler de tout sur ce blog. Le fait d’y publier des articles m’oblige à des options ; et parmi celles-ci, de proposer des articles inédits et suffisamment attractifs, j’espère…

Jean L’Anselme, Pierre Seghers et Thomas Vinau à la rescousse

Pierre Seghers par Colette Seghers

En poésie, il faut d’abord, me semble-t-il, être reconnu par ses pairs ; être aussi sélectionné par de vrais éditeurs (petits et grands) et « enfoncer le clou » comme me l’écrivit, un jour, le poète Jean L’Anselme.
Au début des années 80, Pierre Seghers  (que j’aime beaucoup citer) donna deux conseils à un jeune poète. Ils sont toujours valables aujourd’hui :
« Il faut publier en revues… et, surtout, souvenez-vous que vous vous relirez dans vingt ans ! »

Dans le parcours d’un poète, les blogs personnels, les blogs collectifs, les revues en ligne, les rencontres-lectures sont autant d’étapes importantes pour se faire un petit nom, pour creuser davantage son propre sillon… Mais, attention à la désillusion, cela n’empêchera  pas « des poètes en herbe » d’être recalés, dans un deuxième temps, par des éditeurs qui ont pignon sur rue.

En septembre 2011, Thomas Vinau - que j’ai rencontré une première fois au cœur du Vaucluse bleu - me disait qu’il considérait son blog « comme un laboratoire à ciel ouvert, où tout ce qui s'y trouvait n’était, bien sûr, pas forcément digne d’être publié (en livres)… mais que cet outil lui permettait aussi de se maintenir dans une dynamique quotidienne d’écriture et de faire découvrir aux usagers de son blog ses petites découvertes et petits enthousiasmes livresques, musicaux, ainsi que ses petites animations sympatoches que sa compagne glanait pour lui sur le Web. »

Avant de boucler ce billet «  humeuristique », j’ajoute un dernier conseil - aux poètes de tous bords - que j’ai moi-même expérimenté :
« Chers poètes, si vous voulez que l’on parle ou que l’on recense, ici ou là, votre dernier livre, la première des choses à faire est d’envoyer vos Services de Presse aux revues comme aux chroniqueurs spécialisés en la matière…
Si, dans les prochaines livraisons de l’une de ces nombreuses revues, votre ouvrage ne figure pas dans les rubriques « Chroniques » ou « Critiques », prenez-en uniquement à vous, continuez d’écrire, de travailler, de lire la poésie contemporaine, vivante, actuelle (et plus celles de nos pères et de nos grands-pères) : votre persévérance trouvera un écho… ou non.

© François-Xavier Farine, le 29 mars 2013.